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L’autorité américaine de certification Verisign, a obtenu l’autorisation de l’ICANN pour supprimer tous les nom de domaine existant utilisant le TLD .name. Le registre lancé avec la forme john.smith.name, ainsi que le service de transfert d’e-mails qui permet à un inscrit de recevoir des messages sur pré[email protected].
Les lettres de l’ICANN du 28 juillet 2026 donnent à Verisign la liberté de désactiver les deux services. L’entreprise doit toutefois donné aux bureaux d’enregistrement un préavis d’au moins 90 jours avant de procéder.
La lettre de l’ICANN chiffre le nombre d’enregistrements concernés à environ 22 000. Elle ajoute que la majorité ne sont pas utilisés, citant les consultations de Verisign avec l’ICANN. Un registraire a donc dû indiqué à un client dont le nom est payé jusqu’en 2040 que son domaine expirait en février.
La suppression des domaines .name existants est déjà contestée
Deux déclarants ont pris la décision d’engager le processus de responsabilisation de l’ICANN. Le premier est Doytchin Spiridonov du registraire bulgare Dom.bg. Il détient trois noms de troisième niveau, et a déposé une demande de réexamen nommée 26-2 en juin.
Le médiateur de l’ICANN et son comité des mécanismes de responsabilité du Conseil d’administration se sont tous les deux rangés du côté de l’organisation. La demande est maintenant transmise au Conseil d’administration avec une recommandation de rejet.
Le second est Patrik Fältström, responsable de la sécurité chez l’opérateur back-end du registre suédois Netnod. Il est aussi l’ancien président du comité consultatif sur la sécurité et la stabilité de l’ICANN. Fältström a enregistré stupid.domain.name le 17 août 2001. Il a aussi déposé sa propre demande, 26-5, le 5 septembre.
Aucun des deux ne demande à Verisign de continuer à vendre les domaines .name. Les deux demandent plutôt à l’ICANN de laisser continuer ceux qui existent, tant que leurs propriétaires continuent de les renouveler.
Pour une société d’hébergement, la décision est maintenant une tâche opérationnelle. Tout client dont la boîte aux lettres, la zone DNS ou l’adresse de récupération de compte se trouve sur TLD .name est perdu le même jour. Et ce, quelle que soit la date de paiement sur la facture. De plus, c’est le bureau d’enregistrement plutôt que Verisign qui se trouve désormais chargé de les en informer.
Une conception de 2001 que le registre ne veut plus exécuter
Le TLD .name a été délégué à Global Name Registry le 1er août 2001. Il a ensuite ouvert en 2002 avec une structure qu’aucun autre domaine de premier niveau générique n’utilisait. Les inscrits ne pouvaient acheter qu’au troisième niveau. Le registre détenait alors le nom de famille au deuxième niveau et contrôlait son DNS. Les domaines kevin.smith.name et steve.smith.name pouvaient ainsi appartenir à deux personnes non apparentées.
À côté, il y avait une adresse e-mail payante sous la forme pré[email protected]. Celle-ci était soutenue par un enregistrement MX que Verisign insère dans la zone pour le nom de deuxième niveau. Les enregistrements conventionnels de deuxième niveau sont arrivés en quelques années. Verisign a ensuite acheté Global Name Registry le 1er octobre 2008.
Deux dépôts peu utilisés pour un seul TLD
Les deux dépôts RSEP donnent les raisons dans une phrase chacune. Les enregistrements de troisième niveau disparaissent « en raison d’une baisse de l’utilisation et d’un soutien limité du service par le bureau d’enregistrement ». Le service de messagerie électronique est un produit « hérité » « unique au TLD .name ».
Les deux dépôts indiquent que le changement « augmentera l’efficacité du fonctionnement du TLD .name ».” Verisign a déclaré à l’ICANN qu’il avait « consulté verbalement un groupe restreint de bureaux d’enregistrement comprenant la majorité des utilisateurs », dont aucun n’a soulevé de préoccupation.
L’entreprise a aussi rencontré l’ICANN trois fois avant le dépôt. Des réunions ont ainsi eut lieu les 15 octobre, 4 novembre et 16 décembre 2025. Le compte rendu de ces réunions par la BAMC confirme que le chiffre de 22 000 était sur la table dès le début.
L’examen de l’ICANN a pris trois semaines. Les autorisations arrivent sous forme de lettres plutôt que d’avenants au contrat car Verisign et l’ICANN négocient le renouvellement du .name Registry Agreement, dont l’annexe 11, comme le note Fältström, indique toujours que les domaines de noms « seront enregistrés… aux deuxième et troisième niveaux ».
90 jours avant la suppression, et une suspension d’un an qui ne couvre que la moitié du problème
Le plan de mise en œuvre de Verisign est court. Il inclut tout d’abord un préavis d’au moins 90 jours aux bureaux d’enregistrement qui prennent en charge les noms de troisième niveau. Celui-ci est ensuite suivi d’un rappel au moins 30 jours avant la désactivation.
L’interface EPP du registre cessera alors d’accepter les créations de troisième niveau. Les enregistrements de troisième niveau existants seront aussi supprimés.
Pour le service de messagerie électronique, la même notification s’applique, après quoi les adresses de deuxième niveau sont supprimées et leurs enregistrements MX retirés de la zone. Les lettres de l’ICANN ajoutent une note de bas de page qui détermine qui parle aux clients : « les bureaux d’enregistrement gèrent la relation entre le bureau d’enregistrement et le ou les titulaires. »
C’est ainsi que Neil Fraser a appris la date. Il détient neil.fraser.name depuis près de 25 ans, gère son site web, son adresse e-mail et un serveur d’API sur celui-ci, et l’a payé jusqu’en 2040. Son registraire a écrit pour dire que l’enregistrement se termine en février.
Le RSEP lie le préavis de 90 jours à l’approbation de l’ICANN, qui a eu lieu le 7 mai. Les lettres de l’ICANN du 28 juillet ont ensuite autorisé Verisign à poursuivre. Une suppression en février est donc plus tardive que le minimum prévu dans les documents. Verisign n’a publié aucune date de son côté.
Des questions sur ce qui survient après la suppression des domaines .name
La préoccupation de Fraser, et de Fältström, est ce qui se passe après la suppression. Un nom de troisième niveau existe uniquement sous un nom de deuxième niveau actuellement détenu par le registre.
Si fraser.name devient enregistrable par la suite, son nouveau propriétaire pourra recréer neil.fraser.name et recevoir du courrier envoyé à une adresse utilisée pour la récupération de compte, la signature de code et l’accès aux appareils depuis un quart de siècle.
« En gros, je disparais d’Internet », a écrit Fraser. La demande de Fältström note que les références à des noms utilisés depuis longtemps « peuvent rester dans les adresses e-mail, les informations de récupération de compte, les fichiers de configuration, les liens, les logiciels, les listes de contrôle d’accès, les API et d’autres systèmes », et qu’il « n’a pas trouvé une analyse de ce problème dans le matériel publié du RSEP ».
Les dépôts traitent du risque pour un seul service. Le RSEP 2026014 indique que Verisign « empêchera la réenregistrement des noms de domaine de deuxième niveau gérés par Verisign et associés aux adresses e-mail SLD supprimées pendant un an à compter de la date d’effet de l’interruption ».
RSEP 2026013, couvrant les 22 000 noms de troisième niveau, n’a pas d’équivalent ; Domain Incite a écrit en mai qu’il n’était pas encore clair comment Verisign prévoyait de gérer les noms de troisième niveau. Un fournisseur d’hébergement doit considérer une année comme la limite maximale, après quoi tout nom de parent sur lequel un client s’appuie est considéré comme légitime.
La décision de Verisign de supprimer le TLD .name n’aurait « Aucun effet sur le cycle de vie des noms de domaine »
Les demandes de réexamen nécessitent une seule réponse dans le formulaire de Verisign. Interrogé sur l’effet que ce changement aurait sur le cycle de vie des noms de domaine, Verisign a écrit : « Aucun. Il n’y aura aucun effet sur le cycle de vie des noms de domaine. »
Spiridonov a fait valoir que l’ICANN a approuvé les demandes sans prendre en compte les informations matérielles et sur la base d’informations inexactes.
Dans une évaluation datée du 31 juillet, le médiateur a constaté que « le personnel de l’ICANN a pris en compte toutes les informations importantes ». Il ajoute que l’ICANN « ne s’est pas fondée sur des informations pertinentes fausses ou inexactes ».
Ces affirmations vont toutefois à l’encontre des propres dires de l’ICANN. Celle-ci reconnait qu’elle n’a aucun moyen de vérifier la véracité des données sur lesquelles elle base sa décision. On peut donc se demander sur quelle base le médiateur affirme que celles-ci ne sont pas « fausses ou inexactes »
Une recommandation qui ne fait pas l’unanimité
La recommandation de la BAMC du 24 août réconcilie la réponse de Verisign avec les suppressions prévues. Elle explique qu’une résiliation anticipée ne modifie pas le cycle de vie. Cela signifie qu’un nom supprimé passe encore par les étapes standard. La BAMC recommande donc au Conseil de rejeter la demande.
Le point de vue du comité est toutefois très étroit. Cela est dû à la politique d’évaluation des services du registre. L’ICANN vérifie uniquement si un changement « pourrait soulever d’importants problèmes de sécurité ou de stabilité » ou « d’importants problèmes de concurrence ». Sa lettre du 28 juillet indique donc que l’examen « ne s’étend pas à d’autres impacts potentiels ».
Les deux déclarants estiment qu’il y a un manque de responsabilité. L’ICANN savait que 22 000 enregistrements prendraient fin. Elle a néanmoins approuvé le changement par une procédure qui, selon sa propre description, ne peut pas évaluer ce que cela signifie pour les personnes qui les détiennent.
La soumission de Spiridonov du 11 septembre ajoute que la recommandation « n’identifie aucune preuve, méthodologie ou critère » derrière l’affirmation selon laquelle la plupart des noms ne sont pas utilisés. Cet énoncé est tout à fait factuel, et est même reconnu par l’ICANN dans son document.
La demande 26-5 de Fältström a, pour sa part, été déposée le 5 septembre. Elle demande à l’ICANN de reconsidérer à la fois l’approbation de mai et l’autorisation de juillet. Son remède est celui sur lequel Spiridonov a également atterri. Il faut arrêter les nouvelles inscriptions de troisième niveau, mais reconnaître les anciens. Il écrit ainsi:
« Je n’ai aucune objection à ce que Verisign arrête les nouveaux enregistrements. Je m’oppose à la résiliation des noms de domaine déjà enregistrés et utilisés. »
Ce qu’un registraire ou un hébergeur doit faire avant la date
La décision prise par Verisign et l’ICANN aura un impact sur de nombreux acteurs de l’industrie. Sa mise en œuvre repose surtout sur les registraires et les hébergeurs web. Ceux-ci se retrouvent responsables de communiquer avec les propriétaires des domaines et de gérer les conséquences fâcheuses de la suppression.
Une société d’hébergement qui revend .name, ou héberge des mails et DNS pour les clients qui ont acheté des noms de troisième niveau ailleurs, doit d’abord savoir s’il en a. Le rapport de transactions de mai 2026 de l’ICANN répertorie 193 bureaux d’enregistrement en .name. Parmi ce nombre, 160 d’entre eux ont des domaines sous gestion. Verisign affirme qu’un groupe restreint de ces partenaires détient la majeure partie de la base de troisième niveau.
Un bureau d’enregistrement qui prend en charge le service recevra une notification de Verisign. Un hébergeur qui se contente de pointer la zone d’un client vers un nom de troisième niveau ne recevra pas cette notification. Le client ne devrait pas en recevoir non plus, puisque la chaîne de notification s’arrête au bureau d’enregistrement.
Les services mail et DNS sont aussi affectés
La deuxième tâche consiste à déplacer tout ce qui dépend du nom. Cela inclut la boîte aux lettres, chaque adresse de connexion et de récupération qui l’utilise, les enregistrements DNS, les certificats TLS et les points de terminaison d’API. Tout cela doit être fait avant la suppression plutôt qu’après. Sinon, l’ancienne adresse pourrait un jour répondre à quelqu’un d’autre.
Le troisième est le nom du parent. Un client qui enregistre le nom de deuxième niveau sous lequel résidait son ancienne identité prend lui-même le risque de recréation. Pour les noms que la saisie par e-mail couvre, il dispose maintenant d’un an pour le faire.
Rien dans l’une ou l’autre des demandes de réexamen ne suspend la suppression pendant que la Commission décide. C’est exactement ce que Spiridonov a demandé, et la BAMC ne l’a pas recommandé.
Pour conclure sur la décision de Verisign de supprimer le TLD .name et ses 22 000 domaines
La suppression des domaines .name existants par Verisign met en lumière une décision inusitée de l’ICANN. L’autorité internationale semble vouloir approuver le processus, même si elle reconnait n’avoir aucun moyen de vérifier si les domaines sont utilisés. Elle a donc choisi de croire les affirmations de Verisign sur le sujet, sans essayer de vérifier leur véracité.
Deux contestations distinctes demandent déjà que la suppression des domaines existants soient suspendues. Aucune des deux requêtes ne demandent toutefois que les domaines .name continuent d’être vendus. La disparition du registre actuel, dont la gestion est particulièrement complexe, semble donc inévitable. Cela inclut aussi les service de messagerie associés à ce TLD.
Si vous possédez un nom de domaine basé sur le TLD .name, on vous invite à contacter votre registraire dès maintenant. Informez-vous sur la date précise de la suppression et les procédures prévues pour ce moment. Prenez également le temps de regarder les autres options de noms de domaine qui s’offrent à vous pour héberger votre contenu.
Nous espérons que cet article vous a plu et vous a éclairé sur la décision de Verisign de supprimer le TLD .name et ses noms de domaines associés. Si c’est le cas, nous vous enjoignons à consulter nos autres articles.
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